Les Maures n’avaient jamais demandé à leurs compatriotes poulo-toucouleurs, soninké et wolof d’être des Arabes et n’avaient jamais fait venir des Arabes pour grossir leur démographie.
L’Afrique noire parle plus de deux mille langues. On dénombre 520 langues codifiées au Nigeria, une vingtaine au Sénégal, autant au Mali et en Guinée contre quatre en Mauritanie, le pays d’Afrique où il y a le moins d’ethnies et de langues.
Le Congrès d’Aleg de mai 1958 était la toute première occasion politique offerte aux représentants du Fouta mauritanien d’exposer leur conception du futur État décolonisé : ils avaient exigé en plus d’un État binational le français comme langue officielle.
La langue peule tout comme la plupart des langues africaines sont en transition, elles ne sont plus au stade de l’oralité mais pas encore tout à fait au point pour être inscrites aux programmes scolaires ou consacrées langues d’enseignement, de travail et de science.
Les Mauritaniens se souviennent encore du vibrant appel de leur premier président Moktar Ould Daddah qui, en 1957, lors d’une première assemblée préparatoire du projet national, lança : « Faisons ensemble la Patrie mauritanienne ».
C’est connu, le Sénégal avait défendu avec vigueur l’indépendance de la Mauritanie. Il avait agi sur la scène internationale pour que les prétentions marocaines n’aboutissent pas. Le discours de son ministre des Affaires étrangères Doudou Thiamà l’ONU à cet effet en était la parfaite illustration. Il était sincère et avait l’air de l’être.
L’argument de la paix est la première raison que les Néo-harkistes avancent pour légitimer la colonisation, pour évincer la langue arabe puis rendre possible son remplacement par le français.
Un jour, le président François Hollande excédé par la dérive d’un certain discours politique français à forte teneur populiste, a tenu à faire la mise au point qui suit : « La République ne connaît pas de races ni de couleurs de peau. Elle ne reconnaît pas de communautés.
L’Afrique noire parle plus de deux mille langues. On dénombre 520 langues codifiées au Nigeria, une vingtaine au Sénégal, autant au Mali et en Guinée contre quatre en Mauritanie, le pays d’Afrique où il y a le moins d’ethnies et de langues.