Le général Aziz n’a pas trahi

Le colonel Mouawiya a renversé son ami, le président Haidalla, l'homme qui avait placé sa confiance en lui, alors qu'il se trouvait à Bujumbura. 
Depuis lors, un pouvoir solitaire perpétuel s'est installé. 
Afin de garantir la continuité de ce régime, le Bataillon pour la Sécurité présidentielle a été créé. Au début, un cousin du président Mouawiya a été désigné pour prendre son commandement. Ensuite, un cousin par alliance a pris le relais, il s'agit du colonel Aziz.
Mais le vent ne souffle pas au gré des navires. C’est bien connu. Pendant un séjour du président Mouawiya en Arabie saoudite, le colonel Aziz et ses compagnons ont pris le pouvoir à leur tour.
Où est le problème, et comment peut-on garantir que l'alternance au pouvoir soit assurée en cas de présidence à vie ?
Les solutions en Afrique sont connues. Se proclamer empereur comme Bokassa 1er, ou être constamment réélu comme Paul Biya, qui est au pouvoir depuis plus de quatre décennies, ou recourir à des coups d'État lorsqu'il est impossible d'organiser des élections démocratiques honnêtes. C'est ce que le commandant du Basep et ses camarades avaient accompli en août 2005.
À ce moment-là, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, le chef du CMJD, l'instance dirigeante, avait reconnu la vérité sur l'ancien régime en répétant exactement ce que l'opposition avait toujours prétendu : le colonel Taya exerçait un pouvoir solitaire, corrompu et axé sur le détournement des deniers publics.
En outre, les ministres de son gouvernement, celui de l'économie, celui des finances, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale avaient organisé une conférence de presse pour dire à l'opinion que tous les chiffres avancés concernant les performances socio-économiques du gouvernement déchu étaient erronés.
Il en va de même pour les élections. D'après le gouvernement de la transition, toutes les élections antérieures ont été trafiquées. C'est aussi ce que l'opposition avait constamment affirmé. Pour ces raisons, le CMJD a instauré une commission électorale indépendante, puis a restreint le nombre de mandats présidentiels.
Où étiez-vous passés, chers partisans de l'ancien régime ? 
N'était-il pas plus sérieux de soutenir le président Mouawiya à ce moment-là !
Son PRDS avait volé en éclats, les maisons du 'livre', son projet phare, ont été squattées par les services de l'état-civil, et ses relations diplomatiques avec l'État hébreux ont été abandonnées.
Il serait alors plus cohérent pour vous de faire amende honorable, à l'instar du CMJD, sinon de montrer votre dévouement envers le régime du colonel Taya en formant un parti politique qui se revendique ouvertement de lui.
On ne peut pas tout gagner sans rien céder. Avoir le beurre et l'argent du beurre, cela fait trop irréaliste.

Ely Ould Sneiba
Le 19 avril 2026

اثنين, 20/04/2026 - 15:28