
Au cours des quarante dernières années, le pouvoir a subi plusieurs changements de titulaire, et à chaque fois, on reprend presque les même et on recommence. C'est une constante en Mauritanie. Un ancien ministre a récemment révélé que 60 familles monopolisent l'État, se passent le témoin dans un interminable relais 4 fois 4.
Cela peut être compris. Coppolani et les administrateurs coloniaux nous ont fait part de remarques utiles sur l'art d'administrer les Maures. Leur approche était simple à l’image de ce peuple bédouin : repérer des relais au sein de la société, traiter avec eux, et le tour est joué.
Et dans le cas où un nouvel administrateur colonial serait remplacé par un autre, qu'il soit plus ou moins pire ou meilleur, rien ne changerait. Les relais viendront le voir, lui témoigneront leur allégeance et lui assureront qu'il sera meilleur que son prédécesseur, qui n'était pas, pour telle ou telle raison, l'administrateur indiqué pour commander les hommes bleus.
De la sorte, le corps social était reste figé. Il lui était catégoriquement interdit de remettre en question l'ordre établi, qui était mille fois plus satisfaisant que le désordre précédent, selon leurs dires.
Satisfaisant pour qui ?
Pour les relais, bien entendu.
Que l'on soit sous l'autorité de Xavier Coppolani ou de Frère-Jean, quelle est la différence ?
Cette philosophie est l'ancêtre du fameux slogan contemporain : "Le changement dans la continuité", ou encore "La poursuite du Nehj". D’où l’impossible rupture.
De plus, les courtisans refusent catégoriquement ce terme 'rupture', qu'ils confondent délibérément avec 'révolution', dont la radicalité les effraie.
Si au moins les Mauritaniens avaient eu la chance de choisir entre le parti de Mouawiya, le parti d'Aziz et le parti de Ghazouani, cela rendrait les choses moins compliquées, plus claires, et il y aurait de nouvelles recrues.
Ely Ould Sneiba
Le 22 avril 2026



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