
Ces dernières années, l’espace public mauritanien a été submergé par une avalanche de promesses et de slogans autour de la prétendue « révolution de l’hydrogène vert ». Ce thème est rapidement devenu un pilier du discours officiel et médiatique. Certains promoteurs parlaient d’un « avenir radieux » et de « milliards » appelés à affluer vers le Trésor public, alors qu’en réalité, aucun projet concret n’était en cours, et qu’aucun impact économique tangible n’avait été constaté.
Mais la vérité a fini par éclater. Les rapports récents de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) ont confirmé que tout ce qui avait été annoncé ne dépassait pas le stade de simples protocoles d’accord non contraignants, sans aucune recette effective versée au Trésor national à ce jour.
Le loi sur l’hydrogène, adoptée en 2024, n’a d’ailleurs jamais précisé clairement le montant des paiements ou des redevances à verser pour l’exploitation des milliers de kilomètres carrés de terres nationales réservées à ces projets annoncés.
La priorité oubliée : le gaz naturel avant l’hydrogène
La question fondamentale qui s’impose aujourd’hui est la suivante : quel secteur méritait réellement la priorité de l’État et les investissements en infrastructures ?
Le gaz naturel du projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA), déjà en production, ou bien l’hydrogène vert, encore à l’état de promesse ?
La réponse est évidente : le gaz est une réalité, déjà exploité depuis près d’un an, et dont une partie est destinée à la production d’électricité nationale. Pourtant, la Mauritanie continue d’importer du fuel lourd depuis les marchés européens pour alimenter ses centrales, alors qu’elle dispose d’une ressource propre, disponible et plus stable sur le plan des prix.
L’échec de la planification et la désinformation politique
Les responsables du secteur ont échoué à préparer l’utilisation du gaz pour la production électrique, préférant concentrer leurs efforts sur la promotion de projets d’hydrogène purement théoriques. Ainsi, le président et l’opinion publique ont été induits en erreur par une campagne de communication démesurée, avant que le sujet ne disparaisse soudainement du discours officiel, comme si rien ne s’était passé.
Le constat est aujourd’hui sans appel : un pays assis sur une mer de gaz naturel, mais qui demeure dépendant des importations de combustibles à des prix volatils, simplement parce que les décideurs du ministère du Pétrole et de l’Énergie ont préféré ignorer la réalité et poursuivre une chimère.
Pour une révision urgente du discours énergétique national
L’hydrogène vert représente peut-être un projet d’avenir, mais un avenir lointain, exigeant des investissements colossaux et un marché encore incertain.
Le gaz naturel, lui, constitue le présent négligé, capable de réduire les coûts de l’énergie, de dynamiser l’industrie et d’assurer la souveraineté énergétique du pays.
Il est temps de réviser le discours énergétique national et de passer des promesses médiatiques aux choix pragmatiques et réalisables.



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