
Le rapport annuel 2022-2023 de la Cour des comptes révèle d’importantes irrégularités dans la convention signée entre le ministère du Pétrole, des Mines et de l’Énergie et la société française EIFAGE, relative à l’exploitation des carrières de pierre dites « Hajar Eddakhane », utilisées pour la protection de la plateforme gazière commune entre la Mauritanie et le Sénégal.
Selon le rapport, la société n’a respecté aucune de ses obligations contractuelles, tandis que le ministère n’a pris aucune mesure coercitive pour l’y contraindre. La Cour note également que l’entreprise n’a pas été facturée pour les redevances prévues par la convention, estimées à 6 181 979 USD, correspondant à 1 075 127 tonnes de pierre extraites durant les années 2021 et 2022.
Le rapport indique en outre qu’EIFAGE avait entamé l’exploitation du gisement avant la signature officielle de la convention, le 23 janvier 2020, extrayant déjà 929 564 tonnes, soit 86 % des volumes totaux, ce que la Cour qualifie d’exploitation anticipée et illégale des ressources nationales.
La Cour s’interroge sur les conditions ayant permis à cette société étrangère d’exploiter les carrières avant l’obtention de l’autorisation requise, soulignant que le permis n’a été délivré qu’après la signature de la convention. Elle note également que la réponse du ministère ne contient aucun document attestant l’existence d’une autorisation préalable, renforçant ainsi la thèse d’une exploitation hors cadre légal.
Les documents consultés par la Cour confirment que la majorité des opérations d’extraction et de transport vers la plateforme d’Ahmeyim ont eu lieu avant février 2021, soit avant l’entrée en vigueur effective de la convention, ce qui constitue une infraction financière et administrative grave, révélatrice d’un manque de contrôle dans la gestion des ressources minières nationales.



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