Thiam et Birame ne sont pas plus intelligents que Diouf et Senghor

Les Mauritaniens sont de nouveau réveillés par la montée du communautarisme. Peu à peu, ils se libèrent de leur doute face à cette menace sérieuse pour les perspectives futures de la Mauritanie.
 Auparavant, l'ethnocentrisme poulo-toucouleur, pilier central du nationalisme négro-mauritanien, avait déclenché des réactions organisées et idéologiquement fondées.
Aujourd'hui, un pan harratine suit le même chemin de la division que les ethnicistes pulaars. Ce trajet, on le sait bien, part de Dakar pour arriver à Nouakchott, car la diversité ethnique de la Mauritanie a toujours été perçue comme une vulnérabilité congénitale par la classe politique sénégalaise. C'est ainsi que le président Senghor a inventé le Walfougui, un mouvement indépendantiste poulo-toucouleur, et le président Diouf a reçu et appuyé les FLAM, un autre mouvement de la même ethnie qui a mené la guérilla contre l'armée mauritanienne. 
Argument politique toléré en Mauritanie : le communautarisme demeure bloqué au Sénégal. Ce qui n'empêche pas les communautaristes, pulaars et harratines, qui ne sont pas plus intelligents que les présidents Senghor et Diouf, d’utiliser la presse et les médias sénégalais comme moyens de pression pour discréditer l’État mauritanien, le dépeignant comme un nouvel apartheid. 
 Pourtant, jamais, les gouvernements de la Mauritanie ne se sont souciés du sort des Maures sénégalais.  Jamais la classe politique mauritanienne n'a porté de regard vicieux sur la vie politique de ce voisin si proche, au point de promouvoir et de manipuler les identités raciales. Et aucun agitateur sénégalais n'a jamais été autorisé à insulter les Sénégalais ou à inciter à la haine envers les Négro-Africains à partir de Nouakchott.
Que chacun se rende compte que le tribalisme ethnique et de caste est présent partout, et qu'il est facile à manipuler pour nuire et déstabiliser les autres. Selon un proverbe arabe, celui qui a une maison en verre ne devrait pas jeter des pierres sur son voisin.
Les services secrets mauritaniens et sa gendarmerie nationale ont la capacité de créer un nationalisme arabe au Sénégal, voire un irrédentisme saint-louisien s’appuyant sur la présence de l'émirat du Trarza sur une partie du Walo, pour soutenir des revendications saugrenues, comme celles des Foutanqués mauritaniens.
Une presse indépendante maléfique pourrait aussi claironner à profusion les exploits militants d'un Don Quichotte maure sénégalais luttant contre ‘’les moulins à vents'’ dakarois. 
Certains politiciens naïfs et inconséquents pourraient également évoquer longuement l'exclusion des Maures sénégalais et revendiquer en leur nom le partage du pouvoir de manière raciale ainsi que l'enseignement et l'officialisation de la langue arabe.
Quoiqu’il en soi, les Mauritaniens ne sont pas obligés de mettre en place une République des castes et des races.

Ely Ould Sneiba
Le 9/9/2025

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ثلاثاء, 09/09/2025 - 13:20