
Le budget de la Mauritanie pour l’exercice 2026 marque un tournant majeur dans la structure des ressources extractives de l’État. La contribution de l’or aux recettes publiques recule nettement, tandis que les revenus gaziers — intégrés pour la première fois au budget national — enregistrent une progression spectaculaire.
Selon le rapport préliminaire du projet de loi de finances, le secteur minier connaîtra en 2026 une diminution de la production d’or industriel et artisanal. Ce recul est dû en partie à la suspension partielle des activités de la Mauritanian Copper Mines (MCM) et à la baisse de rendement de la mine de Tasiast, longtemps principale source de revenus aurifères de l’État.
La production d’or artisanal et semi-industriel reste relativement stable dans les zones de Chami et Tijirit, mais tend à s’essouffler, entraînant une contraction des recettes non fiscales.
L’or perd sa place dans les recettes minières
Les chiffres montrent que les recettes minières globales ont augmenté d’environ 0,71 milliard d’ouguiyas nouvelles par rapport à 2025, mais cette hausse provient essentiellement de la bonne performance du fer. En revanche, la contribution de l’or s’effondre, oscillant entre 1,5 et 1,8 milliard d’ouguiyas nouvelles, soit à peine 1,3 % à 1,4 % des recettes publiques totales.
Ce déclin signe la fin d’une ère où l’or constituait la principale ressource du pays, et l’amorce d’une transition vers l’ère gazière, avec des recettes estimées à 3,6 milliards d’ouguiyas nouvelles en 2026, dépassant pour la première fois celles de l’or dans l’histoire budgétaire mauritanienne.
Le ministère des Finances attribue cette mutation à la faiblesse des rendements des métaux précieux, aggravée par les conditions climatiques et géopolitiques affectant la production et les exportations. À l’inverse, l’exploitation du gaz dans le cadre du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), mené conjointement avec le Sénégal, ouvre une ère nouvelle de recettes énergétiques régulières et prévisibles.
Tout en cherchant à diversifier les sources de revenus et à élargir la base fiscale, le gouvernement mise sur la relance de la production aurifère à Tasiast et sur le développement de nouveaux gisements dans le nord et l’est du pays afin de rééquilibrer les contributions entre l’or, le gaz et le fer.



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