Le terrorisme à l’échelle industrielle

Des tapis de bombes de plusieurs tonnes larguées, depuis les airs, sur le plus grand et le plus densément peuplé des camps de réfugiés au monde ; des installations de ravitaillements en eau potable, des hôpitaux, des commerces, des écoles, systématiquement visés et pulvérisés, au mépris du droit humanitaire international ; un hermétique blocus terrestre, maritime et aérien, rendant impossible le ravitaillement en médicaments essentiels ou en  denrées de première nécessité ; une conspiration médiatique planétaire pour “nuancer” la réalité hideuse d’un génocide patent ; une terreur “technologique” qui tend à inhiber  les consciences et à tuer la liberté individuelle de s’indigner et de l’exprimer publiquement ; les rares pays, telle la courageuse Afrique du Sud, qui osent lever le petit doigt, en guise de dénonciation du génocide, font l’objet de sanctions iniques, pour les dissuader de témoigner légalement leur indignation ; les grands courants spirituels mondiaux, la nébuleuse des “Droits de l’homme”, autrefois très à cheval sur la nécessaire protection de la veuve et de l’orphelin, sont étrangement atones au sujet de la plus grande tragédie du vingt-unième siècle ; une paralysie intégrale des instruments internationaux de prévention des génocides, sous la pression  assumée d’éminents membres du Conseil de “sécurité” de l’ONU. 
Le génocide à Gaza remet gravement en cause  l’humanité de ceux qui le planifient et l’exécutent, de ceux qui y contribuent par quelque moyen que ce soit, et dans une moindre mesure,  de ceux qui, apathiques, s’y résolvent, effrayés par un terrorisme industriellement sophistiqué ou en raison d’un confort ici-bas…

Isselkou Ahmed Izid Bih
Ex-recteur d’université

أربعاء, 02/04/2025 - 12:25