
Le ministre de l’Énergie présente la Mauritanie comme un pays appelé à devenir un pôle mondial des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert. Mais la gestion d’un secteur ne se mesure pas seulement aux grands projets annoncés pour demain ; elle se juge aussi à la qualité des services assurés aujourd’hui aux citoyens.
Or, le département qui multiplie les annonces autour de l’hydrogène et des investissements énergétiques n’est toujours pas parvenu à garantir une alimentation électrique stable dans la capitale, ni à mettre durablement les citoyens à l’abri des perturbations récurrentes dans l’approvisionnement en carburants.
La question est donc légitime : la priorité du ministère est-elle de construire l’image d’une future puissance énergétique, ou de résoudre d’abord les dysfonctionnements élémentaires qui affectent quotidiennement la population et l’économie ?
Le problème n’est pas la signature de grands accords. Il réside dans l’écart de plus en plus visible entre le discours du ministère et la réalité du secteur.
La réussite d’un ministre ne se mesure pas au nombre de conventions signées ni aux cérémonies officielles, mais à sa capacité à assurer l’électricité, sécuriser l’approvisionnement, moderniser les réseaux et faire des ressources énergétiques du pays un service fiable pour les citoyens.
Tant que ces objectifs de base restent fragiles, le discours sur un « pôle mondial » de l’énergie paraît prématuré, et l’opinion publique est en droit de demander d’abord des comptes sur la gestion actuelle du secteur.



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