Bilan 2025: L’économie mauritanienne entre stabilité et transition

L’année 2025 s’achève en Mauritanie sur un bilan économique marqué par une stabilité relative et des transformations structurelles progressives, dans un contexte international caractérisé par le ralentissement de la croissance mondiale, la volatilité des prix des matières premières et les effets persistants du changement climatique.

 

L’événement majeur de l’année a été l’entrée effective du pays dans la phase de production gazière, à travers le projet offshore commun avec le Sénégal, ouvrant de nouvelles perspectives économiques sans pour autant dissiper les défis structurels existants.

 

Une croissance modérée mais résiliente

 

En 2025, la croissance économique nationale s’est établie entre 4 et 5 %, portée principalement par les secteurs extractifs et énergétiques, tandis que d’autres branches traditionnelles ont affiché des performances plus modestes.

Ce rythme de croissance, inférieur aux ambitions affichées, reflète néanmoins une certaine capacité de résilience de l’économie, ainsi qu’un maintien global des équilibres macroéconomiques, notamment en matière de finances publiques et de réserves de change.

 

Les mines : pilier constant, revenus fluctuants

 

Le secteur minier, dominé par le fer et l’or, a continué de constituer l’épine dorsale des exportations nationales. Toutefois, la volatilité des cours internationaux et l’augmentation des coûts d’exploitation ont limité la progression des recettes, malgré des niveaux de production globalement stables.

Les performances de la SNIM sont restées étroitement liées aux tendances du marché mondial, confirmant la forte dépendance de l’économie mauritanienne aux chocs externes.

 

Le gaz entre en scène

 

L’un des faits marquants de 2025 demeure le démarrage de la production gazière du champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Bien que les retombées financières directes aient été encore limitées au cours de l’année, ce projet est perçu comme un levier stratégique de croissance à moyen et long terme.

Il pose toutefois de nouveaux enjeux liés à la gouvernance des ressources naturelles, à la transparence et à l’affectation des revenus au développement économique et social.

 

Agriculture et pêche : résilience sous contrainte

 

Le secteur agricole a connu une évolution contrastée en 2025, sous l’effet de conditions climatiques irrégulières, malgré la poursuite des programmes de soutien à la production, notamment rizicole.

La pêche est restée le deuxième pourvoyeur de devises du pays, tout en suscitant un débat persistant sur la durabilité des ressources halieutiques, la transformation locale et l’emploi national.

 

Inflation et pouvoir d’achat

 

Sur le plan macroéconomique, l’inflation est demeurée globalement maîtrisée, mais ses effets sur le pouvoir d’achat des ménages ont continué de se faire sentir, en particulier pour les produits alimentaires et les services essentiels.

Cette question a constitué l’un des principaux défis sociaux de l’année, dans un contexte de revendications croissantes en faveur de l’amélioration des conditions de vie.

 

Investissements et infrastructures

 

L’année 2025 a été marquée par la poursuite de projets structurants dans les infrastructures routières, énergétiques et numériques, avec une attractivité accrue du pays pour les investissements, notamment dans les secteurs de l’énergie et des services.

Néanmoins, le climat des affaires reste confronté à des défis persistants, appelant à des réformes plus profondes en matière de gouvernance, de simplification administrative et de transparence.

 

Des défis toujours présents

 

Malgré les signaux positifs, le bilan économique de 2025 met en évidence plusieurs défis majeurs :

•une forte dépendance aux ressources naturelles ;

•une diversification économique encore limitée ;

•des opportunités d’emploi insuffisantes, en particulier pour les jeunes ;

•une vulnérabilité climatique affectant la sécurité alimentaire.

 

Bilan de l’année

 

En résumé, 2025 apparaît comme :

•une année de stabilité prudente, plutôt qu’un tournant décisif ;

•une année d’entrée dans l’ère gazière, sans bénéfices immédiats généralisés ;

•une confirmation que la croissance durable et inclusive reste conditionnée par la poursuite des réformes et une meilleure redistribution des fruits du développement.

Le principal enjeu des années à venir sera de transformer les ressources en opportunités réelles, et la croissance économique en amélioration tangible du niveau de vie des citoyens.

اثنين, 05/01/2026 - 09:47