L’année 2025 a été marquée en Mauritanie par une relative stabilité politique et institutionnelle, dans un contexte régional instable, dominé par les crises sécuritaires au Sahel et la pression migratoire croissante.
Un dialogue politique sans percée décisive
Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazwani lancé en 2025 un « dialogue politique national inclusif », présenté par les autorités comme un cadre destiné à renforcer la concertation et à traiter les questions de réformes politiques.
Si l’initiative a été officiellement saluée, plusieurs partis de l’opposition ont exprimé leur scepticisme, estimant que le dialogue manquait de garanties quant à la mise en œuvre de ses conclusions et qu’il éludait des dossiers sensibles, notamment la réforme du système électoral et l’équilibre des pouvoirs.
Le procès de l’ancien président : un tournant historique
Le dossier judiciaire concernant l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a constitué l’événement politique majeur de l’année 2025.
Pour la première fois dans l’histoire du pays, un ex-chef de l’État a été jugé pour des affaires liées à l’enrichissement illicite et à la gestion des fonds publics.
Ce procès a ravivé le débat national sur :
- la lutte contre l’impunité,
- l’indépendance de la justice,
- et la relation entre pouvoir politique et autorité judiciaire.
S’il a été perçu par certains comme une avancée vers l’État de droit, d’autres y ont vu un facteur supplémentaire de polarisation politique, sans traduction immédiate en réformes structurelles.
Une opposition fragmentée
En 2025, l’opposition mauritanienne a conservé une visibilité médiatique certaine, mais son impact politique est resté limité, en raison :
- de divisions internes persistantes,
- de l’absence d’un projet politique fédérateur,
- et de la faiblesse de l’ancrage partisan.
Cette fragmentation a empêché la transformation des revendications sociales et économiques en un véritable rapport de force politique.
Libertés publiques et climat politique
L’année a également été marquée par des débats récurrents autour de la liberté d’expression, à la suite de poursuites judiciaires liées à la presse et aux réseaux sociaux.
Les autorités ont, de leur côté, réaffirmé leur attachement au respect de la loi et à l’ordre public.
La société civile est demeurée active, notamment sur les questions de transparence et de gouvernance, mais son action s’est exercée dans un cadre juridique jugé restrictif par plusieurs organisations.
Bilan politique de l’année
Sur le plan politique, 2025 peut être résumé ainsi :
- une consolidation de la stabilité institutionnelle,
- une avancée judiciaire à forte portée symbolique,
- mais un rythme lent des réformes politiques attendues.
En résumé :
La Mauritanie a privilégié la stabilité politique en 2025, au prix d’un report des réformes de fond.



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