Les FLAM, une arme sénégalaise

Les FLAM mènent actuellement une campagne médiatique intense, inondant l'espace de vidéos et de documentaires sur les malheurs causés par la crise interraciale en Mauritanie.
Deux points essentiels ressortent après avoir visionné ce torrent audiovisuel : la crise a été intentionnellement déclenchée pour empêcher ce qu'ils appellent l'arabisation, et d'autre part, les Pulaars du Sénégal y étaient intimement liés.
Jamais un État voisin n'a été plus impliqué dans les affaires intérieures de la Mauritanie que le Sénégal, en raison de la double appartenance des Foutankés aux deux pays, une double appartenance qui doit aussi garantir l'ancrage complet et définitif de la Mauritanie dans l'Afrique noire.
Il faut dire qu’à travers ce flot d’informations nous avons appris, par exemple, que suite aux événements de 1966, le Marabout Saidou Nourou Tall a remis au Président Senghor la liste des quatre-vingt élèves qui avaient été renvoyés pour être intégrés dans les écoles du Sénégal.
Depuis cette date, le voisin mauritanien est la cible des nationalistes pulaars, ceux qui avaient échoué à prendre le contrôle de la Guinée et celui du Sénégal, maintenant concentrés sur ‘’le Pays des Maures’’.
Toujours, selon les FLAM, une guerre civile avait été programmée pour poser avec une acuité macabre la question de la cohabitation interethnique.
Dans cette optique, de nombreux bacheliers sénégalais ont été intégrés dans l'armée mauritanienne. Saidou Kane et d'autres intellectuels sénégalais naturalisés mauritaniens ont fondé à Nouakchott les Forces de Libération des Africains de Mauritanie (FLAM) et mis en place une large conspiration pour renverser le gouvernement.
Effectivement, en 1983, les FLAM sont mises sur pied avec une aile militaire, et en 1987, de jeunes officiers ont lancé un putsch qui a échoué et auquel tous les officiers supérieurs pulaars, dont les colonels Yall et Ann Babaly, anciens ministres de l'Intérieur et anciens chefs des armées, ont été conviés. Par solidarité ethnique, ces derniers avaient préféré ne pas en informer le haut commandement. 
En ce qui concerne la guerre civile prévue, elle ne se déroulera pas entre citoyens mauritaniens, qu'ils soient noirs ou blancs, mais entre eux et les Sénégalais, principalement à Dakar et à Nouakchott. Et si le Président Abdou Diouf n'avait pas réussi à faire face à la pression des Pulaars Amath Ba et Aly Bocar Kane, une guerre meurtrière aurait éclaté entre les deux armées nationales.
Toutefois, le président Diouf et sa gendarmerie avaient préparé et encadré des centaines d’anciens militaires pulaars afin de lancer des attaques contre la Mauritanie le long du fleuve. Les FLAM affirment également avoir mené cette guérilla et avoir été soutenues par les autorités du Sénégal, qu'elles soient civiles ou militaires. Ce 'passif militaire', soit dit en passant, est toujours ignoré, et ses auteurs se pavanent à Nouakchott comme s'ils n'avaient pas combattu leur pays, tuant et pillant.
Rien de nouveau. Le président Senghor avait également lancé le Front Walfougui : un projet de République négro-africaine à construire dans le Sud mauritanien, ‘’sur une ligne qui va du barrage de Diama à la ville de Sélibaby’’. (Ndiaye Babacar Justin. « Laser du lundi : Les jointures, les fractures et les abysses sénégalo-mauritaniens ». Mardi 10 Octobre 2017).
Autre révélation des FLAM : 
Des enquêtes menées sur la présence de cellules ennemies dans certaines casernes de l'armée mauritanienne ont entraîné des interrogatoires musclés, parfois aboutissant à des exécutions extrajudiciaires. C'est ainsi que 'le passif humanitaire' est né : une tragédie triste et douloureuse qui a déjà été résolue par l'État à quatre reprises et qui est en train de l’être à nouveau, à coups de dizaines de milliards d'ouguiyas.
Malheureusement, les autorités mauritaniennes semblent plus préoccupées par les répercussions de ce feuilleton dramatique que par la résolution de ses causes.
Il est inutile de détourner les yeux. La crise en Mauritanie est liée à l'identité nationale, point final.
Le dialogue en perspective va-t-il favoriser la diversité identitaire de la Mauritanie en officialisant les langues africaines, ou non ?
C'est la question fondamentale, le reste relève du 'Indian wrestling'.

Ely Ould Sneiba
Le 18 novembre 2025

ثلاثاء, 18/11/2025 - 11:08