
Les opérations d’exportation de la première cargaison de liquides pétroliers produits par le champ gazier partagé entre la Mauritanie et le Sénégal, connu sous le nom de « Grande Tortue Ahmeyim – GTA », ont débuté ces derniers jours, parallèlement à la poursuite des exportations de gaz naturel liquéfié issues du même site.
L’ingénieur Nourdine a indiqué que la capacité de production annuelle du champ s’élève à environ 2,7 millions de tonnes de GNL, dont 864 000 tonnes ont déjà été exportées, soit l’équivalent de dix cargaisons maritimes d’une capacité moyenne de 174 000 m³ chacune.
Concernant les liquides pétroliers associés, mélange d’hydrocarbures aliphatiques tels que C2/C3/C4 et C5+, la production annuelle prévue devait atteindre près de 6 millions de barils. Toutefois, certaines contraintes techniques naturelles, liées à la composition du gaz et au nombre limité de puits producteurs, ont entraîné un ralentissement du rythme d’expédition, désormais fixé entre 90 et 100 jours par cargaison au lieu de 60 à 70 jours initialement prévus.
Selon l’ingénieur, la cargaison actuelle de liquides pétroliers devrait atteindre entre 800 000 et 900 000 barils. Il a précisé que ce pétrole est léger, de haute qualité, et peut être utilisé directement dans plusieurs industries, notamment pour la production de gaz domestique (butane et propane).
Appel à valoriser la production nationale pour répondre à la demande intérieure
L’ingénieur mauritanien Nourdine a appelé à exploiter une partie de ces liquides pétroliers pour satisfaire les besoins du marché local en gaz de cuisson, au lieu de continuer à l’importer alors que ses composants de base sont disponibles sur le territoire national.
Il a proposé à cet effet la création d’une petite unité industrielle destinée à séparer les composants des liquides pétroliers et à produire du gaz domestique localement. Il a souligné que l’installation de ce type d’usine n’est pas coûteuse et peut être réalisée en six à neuf mois seulement, en s’appuyant sur les infrastructures existantes, notamment les réservoirs en construction d’une capacité de 100 000 m³.
Le financement, a-t-il ajouté, pourrait provenir du budget de l’État, de partenariats public-privé (PPP) ou encore d’investisseurs nationaux, tout en rappelant que le marché local et régional (en particulier au Mali) garantit une rentabilité durable pour ce type d’investissement.
Une opportunité stratégique pour réduire les importations et renforcer la souveraineté énergétique
L’ingénieur a affirmé que la production locale de gaz de cuisson contribuerait à réduire les coûts d’importation et à améliorer l’accès des citoyens à une énergie propre, dans un contexte où le taux de couverture en gaz domestique ne dépasse actuellement 40 à 50 % de la population.
Il a également insisté sur le fait que ce projet pourrait constituer une étape concrète vers l’autosuffisance énergétique, appelant à accélérer sa mise en œuvre au lieu d’attendre 2029, comme prévu dans le Plan directeur national du gaz (Gas Master Plan).
Enfin, il a estimé que les évolutions mondiales du marché de l’énergie – notamment la hausse des prix et la reconfiguration des approvisionnements consécutive à la guerre en Ukraine – rendent impératif le développement des industries pétrolières locales, afin de réduire la dépendance extérieure et de consolider la sécurité énergétique nationale.



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