
En tant que jeune nation, la Mauritanie n'a pas eu droit à un état de grâce. Une crise interraciale a stoppé sa dynamique en raison d'une fausse allégation selon laquelle les Négro-Mauritaniens seraient exclus et privés de leurs droits de citoyens à part entière.
Une assertion facile à nier, si l'on se souvient que la Fonction publique et les forces armées et de sécurité recrutaient des Sénégalais, des Maliens et des Ouest-Africains, si bien qu'il y en avait pour tous. Au sein du gouvernement, on retrouvait aussi des Halpulaars, des Soninkés et des Wolofs, occupant des postes importants, y compris la présidence de l'Assemblée nationale et la direction de cabinet du président de la République.
Qu'elle soit légitime ou non, cette crise était de toute façon là pour se maintenir.
Durant les années soixante et soixante-dix, la question culturelle était au centre de l'agitation. Au cours de la décennie qui suivra, le radicalisme poulo-toucouleur s'intensifiera par l'avènement des FLAM et leur discours extrémiste anti-arabe.
Ce mouvement haineux ethnocentrique va encourager des jeunes officiers zélés de son ethnie à tenter de prendre le pouvoir par le biais de l'armée.
Comme conséquences, des affrontements interethniques auront lieu en 89, ce qui entraînera la rupture des liens diplomatiques avec le Sénégal, le déploiement d'une guérilla contre l'armée mauritanienne menée par des anciens militaires halpulaars à la solde des services secrets du même pays, et bien sûr, le 'passif humanitaire' relatif aux militaires peuls et toucouleurs ayant perdu la vie simultanément dans des conditions obscures dans certaines casernes du pays.
Après ces événements pénibles, les ingénieurs du chaos national vont tout mettre en œuvre pour brouiller la cohésion des Mauritaniens et discréditer 'le système beïdane' à l'étranger.
De plus, depuis 2010, l’alliance raciale entre les FLAM et le mouvement IRA, qui est également hostile envers les Maures, a soulevé avec une violence verbale inouïe la question de l'esclavage des Noirs.
Donc, la crise, qui devait durer s’est effectivement prolongée.
Cependant, les nationalistes pulaars avaient nourri l'espoir, lors des Conférences nationales africaines au milieu des années 1990, de déclencher en vain des journées nationales similaires pour tourner la page en leur faveur, et élaborer une nouvelle Constitution adaptée à leur projet ethno-communautariste négro-africain.
Aujourd'hui, une lueur d'espoir pointe à l'horizon. Les ethnicistes poulo-toucouleur vont-ils obtenir gain de cause et faire évoluer le dialogue en perspective vers une Conférence nationale ?
C'est ce qu'ils espèrent pour officialiser les langues nationales et instaurer un État mauritanien multinational à la fois arabe, peul, soninké et wolof, afin que la crise cesse.
Ely Ould Sneiba



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