
Depuis son arrivée à la tête de la Société mauritanienne d’électricité, Khroumbali Lehbib a affiché une volonté de réforme fondée sur un constat largement partagé : réseau vieillissant, faiblesse des investissements passés, insuffisances de la distribution et multiplication des coupures.
L’actuelle direction a engagé plusieurs chantiers et annoncé des investissements destinés à renforcer le réseau et à améliorer la qualité du service. Mais la crise électrique qui a frappé Nouakchott ces dernières semaines a montré que les fragilités structurelles de la SOMELEC restent loin d’être résorbées.
Les incendies survenus en août dans deux postes de transformation majeurs de la capitale, à seulement vingt-quatre heures d’intervalle, ont mis en évidence la vulnérabilité du système électrique et sa faible capacité à absorber des incidents techniques sans provoquer de fortes perturbations.
Il serait toutefois excessif de faire porter à Khroumbali Lehbib seul la responsabilité d’une crise qui résulte de plusieurs années de sous-investissement, de vétusté des équipements et d’expansion rapide de la demande. La direction actuelle a hérité d’un système déjà fragilisé.
Mais la responsabilité d’un management ne se mesure pas uniquement à sa capacité à réparer les pannes. Elle se juge aussi à sa capacité à les anticiper, à réduire leur fréquence et à renforcer la résilience du réseau.
Sur ce terrain, les résultats restent encore insuffisants. Les coupures demeurent fréquentes, tandis que l’État continue d’engager de nouveaux investissements dans le renforcement des réseaux de distribution et des capacités de production.
La question n’est donc plus de savoir si des réformes ont été engagées. Elles l’ont été. Le véritable enjeu est de savoir si elles sont assez rapides, suffisamment ciblées et capables de produire des résultats visibles pour les usagers.
À ce stade, Khroumbali Lehbib semble avoir réussi à mieux gérer certaines situations de crise, mais il n’a pas encore démontré qu’il était parvenu à sortir durablement la SOMELEC de sa crise structurelle.
Le véritable test sera simple : moins de coupures, un réseau plus fiable et une meilleure capacité à éviter qu’un incident technique local ne se transforme en crise électrique à l’échelle de la capitale.



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