
Une analyse publiée par le Centre Oudagoust pour les études régionales indique que l’escalade militaire en cours au Moyen-Orient commence à avoir des répercussions directes sur les équilibres économiques en Mauritanie, dans un contexte marqué par la hausse des prix des carburants et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Selon cette analyse, la réunion présidée par le chef de l’État le 23 mars a mis en évidence une prise de conscience officielle de la gravité de la situation, avec un accent particulier sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat et de limiter l’impact de la crise sur les populations les plus vulnérables.
Le centre souligne que le gouvernement aborde principalement la crise sous un angle budgétaire, en évoquant des mesures de rationalisation des dépenses publiques, la possibilité d’une loi de finances rectificative et une hausse attendue du coût des subventions si les prix de l’énergie restent élevés. Toutefois, cette approche, bien qu’importante, ne traite pas le fond du problème, à savoir l’exposition structurelle de l’économie nationale aux chocs extérieurs.
L’analyse rappelle que la Mauritanie demeure fortement dépendante des importations de produits pétroliers, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix internationaux. Ces hausses se répercutent rapidement sur les coûts de transport, de production et, in fine, sur les prix à la consommation.
Par ailleurs, si les stocks de produits de base sont jugés suffisants pour plusieurs mois, le centre estime que cette disponibilité ne suffit pas à atténuer l’impact social de la crise, celle-ci se manifestant avant tout par une augmentation des coûts tout au long de la chaîne économique.
Le modèle économique actuel est ainsi décrit comme une « économie de marché à protection limitée », caractérisée par une réduction progressive des subventions et un recours accru aux mécanismes ciblés de protection sociale, dans un contexte de faible diversification économique.
Cette configuration place l’État dans une position délicate, entre le recours aux mécanismes de marché et la nécessité d’intervenir pour préserver la stabilité sociale, souvent à travers des mesures ponctuelles de soutien.
Enfin, malgré des indicateurs macroéconomiques jugés relativement résilients par certaines institutions internationales, l’analyse met en garde contre une surestimation de cette solidité, soulignant que la capacité réelle de l’économie et de la société à absorber des chocs prolongés reste limitée.
Le Centre Oudagoust conclut que la crise actuelle dépasse le cadre d’un choc conjoncturel, et pose la question plus fondamentale de la capacité du modèle économique mauritanien à garantir l’équilibre social face aux turbulences internationales, appelant à un débat national sur le renforcement de la résilience économique et la réduction de la dépendance extérieure.



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