
Le dossier des militaires négro-mauritaniens disparus à la fin des années 1989/1990 refait surface, non par opportunisme politique, mais au nom d’un droit humain élémentaire qui ne s’efface ni par le temps ni par le silence.
Pour les familles des victimes — veuves, enfants et proches — les demandes restent modestes dans leur forme, mais essentielles dans leur portée : connaître les lieux d’inhumation de leurs parents et identifier les responsables des exécutions. Deux exigences qui ne visent pas à rouvrir des fractures, mais à refermer enfin une blessure que les décennies n’ont pas réussi à guérir.
Des organisations de défense des droits humains soulignent que la localisation des sépultures et l’établissement des responsabilités constituent les fondations de toute démarche sérieuse de justice transitionnelle. La réconciliation, rappellent-elles, ne peut reposer ni sur l’oubli imposé, ni sur les discours qui criminalisent ceux qui réclament la vérité.
Malgré les années où la contestation de ce dossier était assimilée à une forme de trahison — notamment durant la période de Maaouya Ould Taya — les revendications sont restées vivantes, preuve que les droits fondamentaux ne disparaissent pas sous la pression politique ni avec l’érosion du temps. L’histoire montre que les sociétés ne se reconstruisent durablement que lorsqu’elles affrontent leurs zones d’ombre avec lucidité et courage.
Aujourd’hui, plus de trois décennies après les faits, la demande de vérité se renouvelle avec un esprit différent : celui d’une quête de reconnaissance et de dignité pour les victimes, loin de toute logique de vengeance ou d’amalgame, afin de jeter les bases d’une confiance nationale longtemps fragilisée



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