
Il convient de constater une réalité fondamentale : l’État mauritanien a toujours eu tendance à imiter les autres et à parler comme le reste du monde, alors que ni les compétences, ni les réalités, ni les structures économiques, techniques, financières et sociales ne sont comparables.
Le développement doit partir de la base vers le sommet ; or, l’État commence toujours par le sommet en oubliant la base. De là vient sa chute perpétuelle vers le bas, qui n’a jamais été prise en considération.
Depuis 1960 jusqu’à aujourd’hui, il demeure impossible pour l’État mauritanien de maîtriser la gestion énergétique dans un pays qui ne compte que cinq millions d’habitants, dont seulement deux à trois millions dépendent réellement de l’électricité, principalement dans les chefs-lieux régionaux et surtout à Nouakchott.
De 1960 à 2025, aucune centrale électrique moderne n’a été construite en Mauritanie, à l’exception de quelques installations anciennes datant de plusieurs décennies :
- La centrale chinoise vieillissante de Arafat (4 × 28)
- L’ancienne centrale de production du Ksar
- L’ancienne centrale relais de la Socogim PS
- Et enfin, la mini-centrale SOGEM/OMVS issue du barrage de Manantali, installée en 2002 par la société ABB Sénégal, venant en renfort de la centrale chinoise d’Arafat à faible capacité de production.
Pourtant, la Mauritanie ne devrait pas connaître de difficultés majeures en matière de production et de distribution d’énergie, avec une population consommatrice estimée entre trois et quatre millions d’habitants. Elle ne devrait pas non plus souffrir de problèmes de financement de ses politiques publiques, notamment dans le domaine énergétique.
Il faut donc admettre que la situation actuelle relève avant tout d’un manque de volonté politique et d’une mauvaise gestion de la part de l’État mauritanien, des défaillances perceptibles à tous les niveaux de la vie quotidienne des citoyens.
Face à ces multiples défis énergétiques que l’État est incapable de relever, comment peut-il prétendre parler d’énergies vertes, alors que celles-ci nécessitent des coûts d’investissement et de maintenance trois à quatre fois supérieurs à ceux des installations conventionnelles fonctionnant au fuel ou à d’autres sources ?
On ne dirige pas un pays et son peuple à travers des tâtonnements et des rêves irréalisables, mais sur la base de compétences solides et d’expériences avérées. C’est pourtant le cas de l’État mauritanien, qui prend ses décisions de manière impulsive, sans en évaluer les coûts ni les conséquences, et cela dans tous les domaines : éducation, santé, hydraulique, énergie, économie, etc.
Cheikh Saadbou N



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