Le Mali, ou la tentation d’exporter l’échec ‏

Parfois, lorsqu’un pouvoir chancelle face à ses propres failles, il choisit de détourner l’attention en désignant un ennemi extérieur. Cette stratégie, classique mais périlleuse, semble être aujourd’hui celle du régime militaire malien. Défait militairement à plusieurs reprises face aux groupes armés, et confronté à une fronde grandissante au sein même de ses forces armées, Bamako paraît s’enfoncer dans une logique d’escalade diplomatique avec ses voisins.

 

Après l’Algérie, à laquelle le régime malien s’est heurté de manière frontale, voici que la Mauritanie se trouve, elle aussi, entraînée dans un jeu dangereux, alors même qu’elle s’est montrée solidaire du Mali dans les heures les plus sombres. L’hostilité affichée par la junte à l’égard de Nouakchott — pourtant partenaire naturel dans la lutte contre le terrorisme au Sahel — interpelle. Elle trahit un degré de désarroi profond, un aveu d’impuissance face à une crise intérieure que ni la rhétorique patriotique ni les démonstrations de force ne parviennent à contenir.

 

Dans ce contexte tendu, les propos moqueurs tenus récemment par le ministre malien de la Santé à l’encontre de la Mauritanie n’ont rien d’anodin. Ils s’inscrivent dans une dérive populiste où l’on sacrifie la diplomatie et la reconnaissance des alliances passées sur l’autel de la politique intérieure. Les applaudissements qui ont accompagné ces déclarations, loin d’être anecdotiques, traduisent une forme d’ingratitude à l’égard d’un pays dont l’expertise et la connaissance du terrain ont pourtant souvent été mises au service de la stabilité régionale.

 

Mais la Mauritanie n’est ni faible ni naïve. Sa discrétion n’est pas synonyme d’inaction. Elle a les moyens — stratégiques, diplomatiques et sécuritaires — de remettre à leur place ceux qui chercheraient à faire d’elle le bouc émissaire de leurs propres revers.

Dr.Meme Ould ABDALLAHi

 

أحد, 28/09/2025 - 10:11