Mauritanie : le remaniement qui cache la crise

À mon sens, l’analyse des raisons ayant motivé le récent remaniement exige de s’arrêter sur trois axes essentiels :

 

Le premier a trait aux discussions précoces sur la succession du président, dans lesquelles le groupe des Haratines, au sein même de la majorité, promeut l’un de ses candidats à travers la mise en avant de l’actuel ministre des Affaires étrangères.

 

Le deuxième point concerne le sentiment de menace que représentent pour le régime certaines forces électorales de la wilaya du Trarza. Cela expliquerait sans doute le choix de favoriser la région du Brakna en lui confiant la Primature, la présidence de l’Assemblée nationale et le ministère de la Justice, au détriment de circonscriptions pourtant influentes telles que Rosso, R’Kiz ou encore Tékane.

 

Le troisième axe réside dans le constat d’un échec ayant affecté la performance gouvernementale, semant un certain désespoir au sein de la population, en raison de pratiques récurrentes de recyclage des figures politiques et de nomination de personnes au passé controversé, ce qui a paradoxalement renforcé la crédibilité du discours des défenseurs des droits humains.

 

En somme, l’ensemble de ces ajustements semble être une tentative du régime de contenir une menace potentielle : celle d’une alliance entre Biram Dah Abeid et la frange des Haratines favorable au président Ghazouani, d’autant plus que les figures de proue de cette mouvance partagent la même origine géographique — la région du Trarza. 

Meme Ould ABDALLAHI

سبت, 20/09/2025 - 20:54