Depuis décembre 2022, le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed Ould Hmeid, également connu sous les noms d’« Ibrahim Idriss » et d’« Ibrahim Dix », est détenu aux États-Unis après avoir été transféré du Mali à New York pour répondre d’accusations liées à trois attaques meurtrières perpétrées au Mali en 2015.
Des documents judiciaires américains récents montrent que son dossier reste ouvert plusieurs années après son arrestation et qu’il est entré dans une phase juridique complexe, portant notamment sur les preuves, les conditions de sa détention antérieure et même la possibilité pour l’accusation de requérir la peine de mort.
L’affaire remonte à plusieurs années avant son arrivée aux États-Unis. Selon le département américain de la Justice, les autorités fédérales l’accusent d’avoir participé à la planification et à l’exécution de l’attaque contre le restaurant La Terrasse à Bamako en mars 2015, de celle de l’hôtel Byblos à Sévaré en août de la même année, puis de l’attaque contre le Radisson Blu à Bamako en novembre 2015, qui avait fait 20 morts, dont une ressortissante américaine.
Le parquet américain affirme également qu’il entretenait des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique et le groupe Al-Mourabitoune. Ces accusations restent toutefois, sur le plan juridique, des allégations tant qu’elles n’ont pas été établies devant un tribunal.
Un élément particulièrement notable du dossier est que Fawaz Ould Ahmed Ould Hmeid a été détenu au Mali d’avril 2016 à décembre 2022, soit pendant plus de six ans, avant son transfert vers les États-Unis. Des documents judiciaires indiquent également qu’il avait auparavant été condamné à mort au Mali dans la même affaire, avant d’être poursuivi à nouveau devant la justice fédérale américaine à New York.
Depuis son arrivée à New York le 9 décembre 2022, il est placé en détention provisoire sur décision d’un juge fédéral. Une longue bataille judiciaire s’est depuis engagée autour de l’étendue des preuves recueillies par les États-Unis et par des gouvernements étrangers, ainsi que du droit de la défense d’y avoir accès.
En juillet 2025, la justice a examiné une demande de la défense visant à contraindre l’accusation à communiquer plusieurs catégories de pièces, y compris des éléments susceptibles d’avoir été recueillis par des autorités étrangères dans le cadre d’enquêtes conjointes.
L’affaire a pris une tournure encore plus sensible en 2025 et 2026. Un document judiciaire publié en novembre 2025 a révélé que le gouvernement américain avait réexaminé une décision antérieure de ne pas requérir la peine capitale, dans le cadre d’une révision plus large de décisions prises sous l’administration précédente.
En février 2026, le juge fédéral Brian Cogan a rendu une nouvelle décision dans cette affaire, toujours enregistrée devant le tribunal fédéral du district Est de New York sous le numéro 20-cr-502.
L’histoire de Fawaz Ould Ahmed Ould Hmeid n’est donc pas, à proprement parler, celle d’un Mauritanien « disparu » dans les prisons américaines. Il s’agit plutôt de celle d’un ressortissant mauritanien poursuivi dans l’un des dossiers de terrorisme international les plus lourds examinés par la justice américaine, mais dont le cas est resté relativement peu médiatisé en Mauritanie.
Près de quatre ans après son transfert à New York et plus de dix ans après les faits qui lui sont reprochés, plusieurs questions demeurent : quand sera-t-il jugé ? Combien de temps restera-t-il encore en détention provisoire ? Et le parquet américain décidera-t-il finalement de requérir la peine de mort ?
En tout état de cause, la décision finale appartient à la justice américaine, et Fawaz Ould Ahmed Ould Hmeid demeure présumé innocent des accusations fédérales portées contre lui tant qu’une condamnation définitive n’a pas été prononcée.



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