
Après avoir ressenti la joie de l'indépendance, les Mauritaniens ont réalisé que quelque chose les plombait : la diversité ethnique, souvent considérée comme une richesse, a occasionné des tensions et des conflits, parfois accompagnés de violences dont les répercussions persistent encore.
Le bilan est sinistre. Il suffit de se rappeler, pour être d’accord, que la Mauritanie et le Sénégal, deux pays frères, ont frôlé la guerre à cause de la propagande nationaliste pulaar.
Actuellement, les ethnicistes poulo-toucouleurs font preuve d'un activisme ostentatoire. Leur combat implique des partis politiques, des ONG, des journaux, des centaines de pages sur les réseaux sociaux et une diaspora active, tous mobilisés pour repenser la forme de l'État mauritanien, dans le but de le rendre multinational pour préserver leur identité ethnique.
En agissant ainsi, ils décrivent la Mauritanie, notre pays à tous, comme étant à la fois le pays de l'apartheid et celui de l'esclavage, d'où la collusion entre eux les communautaristes harratines de l’ONG IRA.
Même si demain nous décidons que les Harratines deviendront une sixième ethnie après les Bambaras, la Mauritanie ne sera pas pour autant un État multinational.
En conséquence, le peuple mauritanien doit se plier, collectivement, à la règle universelle, celle d'État-nation, en vigueur aux États-nations, en France, en Afrique du Sud, au Sénégal, en Algérie, au Maroc, etc. Certes, il y a des exceptions qui confirment la règle, mais pourquoi chercher midi à quatorze heures ?
Supposons un instant que l'identité d'un pays soit déterminée par la diversité des ethnies qui le peuplent.
Dans cette situation, il y aura 520 identités différentes pour un pays comme le Nigeria.
En bref, avons-nous fait une erreur de diagnostic, un peu à l'image du ‘’malade de l'œil’’ de Habib Ould Mahfoudh, qui avait eu recours à un guérisseur qui s'était donné beaucoup de mal pour soigner son œil qui ne souffrait justement pas ?
Ce que les nationalistes pulaars nomment une crise raciale en Mauritanie n’est autre qu’une lutte acharnée pour arracher à leurs compatriotes beïdanes, maître du pays depuis l'époque almoravide, l'établissement d'un État multinational, harratine, bambara, wolof, soninké, toucouleur, peul et accessoirement un peu arabe.
Allons à l'essentiel, demain la Mauritanie sera-t-elle un État-nation ou un État multinational ?
Voilà la question, la vraie.
Ely Ould Sneiba
Le 02 juin 2026



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