Le FMI appelle la Mauritanie à plus de flexibilité et met en garde contre les risques d’un taux de change rigide ‏

Le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) en Mauritanie, Felix Fischer, a conclu sa visite à Nouakchott par un message mêlant encouragements et prudence. Tout en saluant les progrès réalisés dans la gestion des finances publiques, il a souligné la nécessité d’approfondir les réformes fiscales et monétaires pour consolider la stabilité économique du pays.

 

Un bilan positif mais des fragilités persistantes

 

Fischer a insisté sur l’importance pour les autorités mauritaniennes de renforcer la mobilisation des ressources internes et d’améliorer l’efficacité du système fiscal, qu’il considère comme la pierre angulaire de la soutenabilité budgétaire. Le FMI, a-t-il rappelé, recommande que toute nouvelle taxe fasse l’objet d’une étude d’impact social et économique afin d’éviter d’alourdir le fardeau des ménages vulnérables.

 

Ce positionnement illustre un équilibre délicat : d’un côté, le besoin pressant d’élargir la base fiscale pour réduire la dépendance à l’aide extérieure ; de l’autre, la réalité sociale d’un pays où la pauvreté et le chômage demeurent élevés.

 

 

Climat et développement durable : une priorité affichée

 

Le représentant du FMI a également reconnu les défis climatiques auxquels la Mauritanie est confrontée, promettant un appui continu du Fonds pour renforcer la résilience économique et environnementale du pays. Si cette orientation « verte » s’inscrit dans la nouvelle stratégie du FMI, elle reste encore à concrétiser à travers des financements adaptés et un transfert effectif de compétences.

 

Prix des carburants et taux de change : entre réalisme et risque social

 

Abordant la question énergétique, Fischer a jugé « nécessaire » une plus grande flexibilité des prix des carburants afin de préserver la santé macroéconomique, tout en insistant sur la mise en place de mécanismes ciblés pour protéger les couches les plus vulnérables.

 

Il a par ailleurs mis en garde contre les effets d’un taux de change fixe maintenu trop longtemps, estimant qu’il pourrait affaiblir les réserves en devises et peser sur le budget national. Le FMI préconise une approche plus souple de la politique de change, tout en restant conscient que toute dévaluation rapide risquerait d’alimenter l’inflation.

 

 

Entre discours prudent et impératifs locaux

 

Malgré le ton optimiste du FMI, plusieurs observateurs soulignent que les recommandations de l’institution restent souvent difficiles à appliquer sans un accompagnement social fort. La réussite de ces réformes dépendra de la capacité de l’État à combiner rigueur budgétaire et justice sociale, tout en garantissant la transparence dans la gestion publique.

 

En conclusion, la mission du FMI salue une trajectoire de progrès en Mauritanie, notamment dans la gouvernance et la politique budgétaire, mais appelle à la vigilance : les réformes structurelles devront désormais se traduire par des changements concrets ressentis par la population, faute de quoi la stabilité économique resterait un horizon lointain.

جمعة, 07/11/2025 - 13:36