
Si nos autorités nationales étaient certaines que l’entente tripartite, ainsi que l'accord conclu entre l'Espagne, qui était la puissance coloniale, le Maroc et la Mauritanie, au sujet du Sahara, étaient conformes aux exigences du droit international, elles n'auraient pas signé les accords d'Alger d’août 1979.
Justement, c’est parce que nos cousins de Tindouf (Le Front Polisario) et ceux de l’intérieur du Rio de Oro et Seguia El Hamra, non encore décolonisés, ne souhaitaient pas la présence de nos forces armées et de notre administration "extraterritoriale, qu’il était devenu urgent de quitter les lieux, non sans regret.
En vérité, si la colonisation n'était pas passée par là, rien n'aurait pu séparer les Reguibat, les Ould Dleim, les Teknas et toutes les autres tribus de la Mauritanie de celles du Sahara, et scindé leur territoire en deux.
Cependant, si certains Mauritaniens souhaitaient que notre pays revienne aux Accords de Madrid après un renoncement qui a pris plus d'un demi-siècle, il serait judicieux de leur rappeler que selon les Nations Unies, les Accords de Madrid n’étaient pas pertinents pour le transfert de la souveraineté du Sahara occidental, car le consentement des Sahraouis n’avait pas été obtenu alors qu’il est absolument indispensable en raison de leur droit inaliénable à l'autodétermination, exprimée de manière libre et transparente par voie référendaire.
En outre, la Cour Internationale de Justice (CIJ) a déclaré dans son avis consultatif du 16 octobre 1975 sur le Sahara occidental qu'il existe des liens juridiques et des droits relatifs à la terre entre 'l'ensemble mauritanien' et le territoire du Sahara occidental au moment de la colonisation espagnole (1884). Néanmoins, elle a conclu que ces liens n'étaient pas des liens de souveraineté territoriale qui pourraient empêcher l'application du principe d'autodétermination.
En résumé, la Mauritanie a payé un lourd tribut humain et financier lors de cette guerre de deux ans. Après plus de cinquante ans de réalisme géostratégique et de paix, est-ce vraiment utile pour elle d’être à nouveau impliquée dans ce conflit fratricide ?
S’agissant de nos frères marocains, malgré l'impasse du référendum onusien et le blocage du plan d'autonomie, une issue heureuse demeure possible. Grâce à la force de leur engagement, Marocains et Sahraouis sauront trouver ensemble un dénouement juste, durable et mutuellement avantageux.
De même, l’Algérie, la République sahraouie, le Maroc et la Mauritanie prendront tôt ou tard conscience que l'avenir de la région réside dans l'intégration et non dans la fragmentation.
L'Union Européenne ne se trouve-t-elle pas juste à nos portes, de l'autre côté de la Méditerranée ?
Ely Ould Sneiba
Le 03 novembre 2026



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