
La Mauritanie entre dans la course à la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie avec la candidature de la Dre Coumba Bâ au poste de Secrétaire générale. Une candidature qui ne relève pas seulement du symbole, mais qui traduit aussi l’ambition de Nouakchott de peser davantage dans un espace francophone traversé par de fortes rivalités politiques et diplomatiques.
Le choix du prochain Secrétaire général devrait être tranché lors du XXe Sommet de la Francophonie, prévu au Cambodge en 2026. Face à Coumba Bâ, la compétition s’annonce relevée, avec notamment la Rwandaise Louise Mushikiwabo, actuelle Secrétaire générale, la Congolaise Juliana Lumumba, ainsi que le Roumain Dacian Cioloș.
Dans ce paysage, la candidate mauritanienne peut avancer un argument particulier : celui de l’équilibre. La Mauritanie occupe une position singulière, à la fois africaine, arabe et francophone. Elle n’est pas directement engagée dans les tensions qui opposent certains pôles influents de l’espace francophone, ce qui pourrait faire de Coumba Bâ une figure moins clivante et plus acceptable pour des États à la recherche d’un compromis.
Son principal atout réside donc dans sa capacité à incarner une candidature de consensus, surtout si la confrontation entre Kigali et Kinshasa venait à durcir la compétition. Louise Mushikiwabo bénéficie de l’avantage de la fonction et d’un réseau déjà établi au sein de l’organisation. Juliana Lumumba, de son côté, peut s’appuyer sur le poids démographique et symbolique de la République démocratique du Congo, premier pays francophone du monde par sa population.
Entre ces deux candidatures africaines à forte charge politique, Coumba Bâ pourrait apparaître comme une option de sortie honorable : une personnalité issue du continent, mais moins directement associée aux lignes de fracture actuelles. Encore faudrait-il que la diplomatie mauritanienne parvienne à construire autour d’elle des soutiens solides, en Afrique comme auprès des capitales influentes de la Francophonie.
Ses chances peuvent donc être qualifiées de réelles, mais encore fragiles. Elles dépendront moins de son profil personnel que de la capacité de Nouakchott à transformer cette candidature en offre diplomatique crédible : celle d’une Francophonie plus équilibrée, plus attentive aux réalités africaines, et moins prisonnière des rapports de force entre grands pôles d’influence.
En ce sens, la candidature de Coumba Bâ dépasse le seul enjeu d’une élection interne à l’OIF. Elle constitue un test pour la diplomatie mauritanienne et pour sa capacité à faire valoir son rôle de passerelle entre l’Afrique, le monde arabe et l’espace francophone.



.jpeg)

.jpeg)